Bégin, Jean-Simon

La gaspésienne
spatule, huile sur toile
30po x 40po

Pont-Rouge, Québec

Le couteau est un outil qui déconstruit. Il martèle le réel pour en remodeler les formes, les couleurs et même le mouvement. La force de cet instrument me fut révélée un jour d’automne. Le ciel était d’un impénétrable gris uni et la poussière du soleil le traversa me percutant froidement. L’oeuvre de Riopelle fit couler en moi un torrent d’émotions. Il m’apparut dorénavant comme mon ultime vecteur de communication. Ce fut sans attentes, dans le seul et unique objectif d’une extériorisation véritable, que je commençai à apprivoiser la combinaison du couteau et de l’huile.

Déconstruisant la réalité pour en préserver l’essence, j’ai abordé mon art à travers une recherche de sensibilité, unique à chacun. Cette approche allait être le moteur de ma création. Elle est devenue de plus en plus perceptible par les gens qui ont suivi ma route artistique. Cette notion de partage est pour moi immensément importante. Il s’agit ici de faire vivre l’oeuvre, au-delà de sa création, par l’expérience du spectateur. La nature de l’homme s’approfondit avec l’apprentissage de son être. En ce sens, mon travail principal se situe à la limite du conscient et de l’inconscient. J’utilise mes propres expériences qui se sont emmagasinés en moi et je les rends bruts et authentiques. Mes tableaux sont de véritables miroirs, clichés fracassés et reconstruits. Ma spatule est devenue le réel prolongement de ma main et traduit chaque fois la substance de mon oeuvre : l’émotion.